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mercredi 16 mars 2005
ToIP : Avantages et inconvénients

Les freins à la migration
Divers éléments peuvent bloquer toute entreprise à migrer vers une solution de communication IP. La société Normaction en a listé quelques uns dans un Livre Blanc sur le sujet :

  • Le déficit de maturité des solutions de téléphonie sur IP qui ne constitue aujourd’hui que 15% des appels internationaux et encore moins pour les appels nationaux.
  • Les problématiques d’ingénierie et de dimensionnement des accès télécoms, au fur et à mesure du développement de son réseau, les solutions IP
  • La qualité des communications effectuées sur le réseau IP s’approche de la qualité des conversations effectuées sur téléphone portable. De plus, sur un réseau IP, lorsqu’il y a engorgement, les paquets de données sont bloqués par les routeurs. Si la perte de données est trop importante, la dégradation audio sera perceptible.
  • La reconstitution des flux vocaux à partir de paquets de données empruntant des chemins informatiques différents peut parfois générer d’importants délais de latence. D’où un décalage lors d’une discussion qui peut être gênant et diminuer la productivité.
  • Comme tout réseau amené à occuper d’ici peu une grande part de notre environnement télécoms, il connaît une montée en charge qui peut parfois poser problème en terme de maintien d’un service 100%. Il est vrai que ces risques sont plus importants que sur le réseau filaire traditionnel.
  • L’entreprise doit considérer les risques liés généralement à tout réseau informatique. Tout comme elle prend un risque en ne protégeant pas son réseau informatique, elle pourra subir des attaques si elle ne vérifie pas convenablement l’intégrité du réseau informatique sur lequel transitent les « paquets » de données IP.

D’où, avant la migration :

La nécessite d’une étude de faisabilité pour l’opportunité économique et pour choisir l’orientation technique, d’une infrastructure de téléphonie sur IP ou des logiciels type SOFTPHONE pour l’émission/réception des appels téléphoniques, d’une gestion de la qualité de service optimale du réseau, d’outils spécifiques pour la gestion du réseau et pour le suivi des appels. La nécessité éventuelle d’une passerelle vers un réseau externe d’opérateur de télécommunication pour terminer les appels départs et recevoir les appels arrivés (en fonction du choix technique et des besoins), sinon un opérateur de VOIP devra terminer les appels destinés aux téléphones mobiles ou aux abonnés RTC par exemple.
Eventuellement la mise à jour logicielle et hardware des équipements bureautiques et informatiques (routeurs,etc...).
Il faudra également faire attention à l’alimentation électrique du réseau et des systèmes actifs/passifs (coupure électrique=coupure téléphonique) tout comme à la traçabilité des appels (sur demande judiciaire) ou à la sécurité (intrusions, écoutes, etc...).
Dernière nécessité incontournable, la téléphonie IP est une application informatique ! La veille technologique sur les matériels (routeurs, etc...) et les protocoles, à cause des failles possibles et déjà existantes (voir les pages des news déjà diffusées) reste incontournable.

Techniquement, le transport des signaux voix numérisés par paquets impose des contraintes majeures...

  • Optimisation de la bande passante (attention aux autres applications informatiques qui monopolise la majeure partie de la bande passante disponible comme Microsoft Exchange (TM)). Pour un bon partage de la bande passante, il faut connaître l’ensemble des flux pouvant avoir une influence importante sur le transport de la voix.
  • Délai de transmission (très important dans des cahiers des charges : temps de transfert des paquets), il comprend le codage, le passage en file d’attente d’émission, la propagation dans le réseau, la bufférisation en réception et le décodage. Le délai de transmission optimal est de 150 ms (UIT-T G114). Les délais parfois tolérables sont entre 150 et 400 ms.
  • Le phénomène d’écho (réverbération du signal). C’est le délai entre l’émission du signal et la réception de ce même signal en réverbération. Cette réverbération est causée par les composants électroniques des parties analogiques. Un écho < 50 ms n’est pas perceptible. Plus il est décalé dans le temps plus il est insupportable.
  • La gigue ou Jitter (variation de l’écart initial entre deux paquets émis). Correspond à des écarts de délais de transmission entre des paquets consécutifs. Nécessite la mise en place de buffers en réception qui lissent ces écarts pour retrouver le rythme de l’émission. Effet nefaste des buffers de réception : augmentation du délai de transmission.
  • La gestion de la qualité de service des réseaux IP de transport d’un bout à l’autre. Elle peut-être une solution proprietaire (Qos constructeur), DiffServ, RSVP ou MPLS. Rappelons enfin que le mode de fonctionnement de l’acheminement sur l’internet est du type Best Effort : chaque équipement constituant le réseau (en particulier les routeurs) fait de son mieux pour acheminer les informations.

Le transport de la voix sur l’IP ne doit souffrir d’aucun retard de transmission, ni d’altérations (attention aux firewall), ni de perte de paquets. Si toutes les conditions sont réunis pour offir un service de qualité alors les avantages sont nombreux...

  • Au lieu de disposer à la fois d’un réseau informatique (prestataire spécifique) et d’un réseau téléphonique traditionnel (autre prestataire), l’entreprise pourra ainsi tout fusionner sur un même réseau unique (prestataire unique et contrat de maintenance aussi).
  • Utilisation du réseau IP en interne (gratuité totale du transport).
  • Utilisation du réseau IP en externe de bout en bout (gratuité totale du transport ou coûts égaux à la location du lien intersite ou inter-entreprise).
  • Utilisation du réseau IP en externe vers un abonne RTC ou PSTN (prix avantageux selon le contrat passé avec l’opérateur de VOIP chargé de terminer les appels départs vers un abonné RTC par l’intermédiaire d’une passerelle spécifique).
  • Le prix de revient d’un paquet TCP/IP peut être plus intéressant que le prix d’une communication téléphonique à la minute.
  • Compte tenu de la convergence des matériels et la gestion à distance de la maintenance, la VoIP permet une forte réduction des coûts techniques.
  • Les projets IP signent la fin des multiples contrats de maintenance et permettant des rapprochements entre équipes de gestion et équipe d’exploitation en charge des services de téléphonie et des services informatiques.
  • La souplesse technologique inhérente aux infrastructures IP permet à l’entreprise de s’affranchir des contraintes techniques dans l’éventualité de déménagements ou de changements dans son organisation.
  • L’amélioration des performances des entreprises via des gains de productivité indirects. Les technologies IP permettent de déployer rapidement et efficacement des passerelles de téléconférence ou de messagerie unifiée.
  • L’infogérance est facilitée et permet d’offrir et de mettre à jour les mêmes services (messagerie vocale, double appel, conférence...) pour tous les utilisateurs du réseau.
  • La téléphonie IP permet à toutes les entreprises équipées de proposer des modes d’organisation en télétravail à ses employés.
  • Le fort déploiement de projets IP permet de sécuriser le niveau de qualité des matériels et de professionnalisme des services associés.
  • Les matériels ont été testés depuis plus de cinq ans par les grandes entreprises et sont constamment améliorés.
  • L’offre n’est pas uniforme et permet aux entreprises de trouver le service qui correspond à la taille et la configuration de son activité.
  • Le déploiement agressif d’une nouvelle technologie suppose une baisse graduelle du coût des matériels qui y sont associés. C’est le cas pour la voix sur IP...


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