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mercredi 1er novembre 2006
Téléphone mobile : le nouvel animal de compagnie ?

Créé en 2005, l’Observatoire Sociétal étudie chaque année les usages, comportements, discours, valeurs et opinions qui sont associés au téléphone mobile. PhonethiK vous présente l’intégralité du résultat de l’enquête 2006 menée par l’Observatoire Sociétal du Téléphone Mobile avec l’appui d’un sondage réalisé par TNS Sofres auprès d’un échantillon national représentatif des 12 ans et plus (1 224 personnes interrogées en face-à-face à leur domicile du 23 au 28 août 2006). Elle se distingue de l’édition 2005 qui avait étudié les Français âgés de 15 ans et plus.

De l’édition 2006, il ressort plusieurs conclusions sur des sujets aussi divers que les générations, les relations familiales, la responsabilité ainsi que le bilan et la diffusion du téléphone mobile. Toutes ces conclusions ont en commun de faire apparaître le caractère singulier du téléphone mobile, un objet qui ne ressemble à aucun autre.

Le téléphone mobile est un objet unique parmi les objets communicants Inutile d’être fin analyste pour affirmer que la téléphonie mobile a bénéficié d’une diffusion rapide et massive. Par contre, pouvait-on prédire que sa progression ne s’essoufflerait pas ? En 2006, 77% des Français de plus de 15 ans utilisent un téléphone mobile personnel ou professionnel, contre 72% en 2005. 50% des utilisateurs actuels n’avaient pas de téléphone mobile en 2000. Ses usages continuent d’évoluer rapidement, notamment en photo, vidéo et musique. 44% des utilisateurs de plus de 15 ans prennent des photos avec leur mobile en 2006, contre 31% en 2005 (86% des 15 à 17 ans en 2006, contre 59% en 2005). Il est présent dans toutes les catégories sociales, contrairement aux autres objets communicants qui sont des marqueurs sociaux. 80% des ouvriers, 83% des employés et 86% des cadres ont un téléphone mobile personnel. A titre comparatif, 72% des ouvriers, 74% des employés et 92% des cadres ont un téléphone fixe et 38% des ouvriers, 54% des employés et 88% des cadres ont à leur domicile un ordinateur connecté à Internet.

Renouvelé tous les 20 mois en moyenne (10 mois pour les 12 à 17 ans, 33 mois pour les plus de 60 ans), le téléphone portable fait l’objet de multiples stratégies de recyclage, qui traduisent la valeur affective ou matérielle qui lui est associée. Lorsqu’ils changent de téléphone mobile, les Français sont 30% à ranger l’ancien, 28% à le donner à un proche et 14% à le rapporter au magasin.

Le téléphone mobile dessine trois générations originales dans la société française : les 12 à 24 ans, les 25 à 39 ans et les 40 ans et plus Ces générations sont spécifiques au téléphone mobile et ne se recoupent pas avec les segmentations traditionnelles (adolescents, jeunes adultes, adultes, seniors...). Elles se différencient par leur relation au téléphone mobile, les usages qu’elles en font et les valeurs qu’elles lui associent.

Les 12 à 24 ans ont une relation affective et inconditionnelle au téléphone mobile qu’ils utilisent à la fois comme un « couteau suisse », 96% des 12 à 24 ans l’utilisent pour regarder l’heure, 89% comme réveil et 75% comme calculette, un appareil photo / vidéo / musique, ils sont 75% à prendre des photos, 48% à faire des vidéos et 44% à écouter de la musique avec leur téléphone mobile, un accès à Internet : ils sont 20% à envoyer et recevoir des e-mails et 17% à consulter des sites sur Internet avec leur téléphone mobile. Ils sont très positifs sur le téléphone mobile. Les 5 premières valeurs qu’ils lui associent sont la praticité (98%), la simplicité (88%), la liberté (85%), l’indépendance (83%) et la sécurité (75%). Les valeurs négatives sont très en retrait : individualisme (54%), incivilité (47%) et intrusion (38%).

Les 25 à 39 ans ont une relation fonctionnelle et rationnelle au téléphone mobile. Ils sont moins nombreux que les 12 à 24 ans à l’utiliser comme « couteau suisse » et appareil photo / vidéo / musique. Ils le font moins souvent et de façon moins ludique : 32% des 25 à 39 ans utilisent leur téléphone mobile pour jouer, contre 64% des 12 à 24 ans. Ils associent au téléphone mobile des valeurs plus positives que négatives : les 5 premières valeurs sont, pour eux, la praticité (95%), la simplicité (85%), la sécurité (82%), l’indépendance (81%) et la dépendance (79%). Les valeurs négatives sont à des niveaux plus élevés que chez les 12 à 24 ans : incivilité (73%), individualisme (65%) et intrusion (63%).

Les 40 ans et plus ont une relation utilitaire et distanciée au téléphone mobile qui demeure avant tout un téléphone (passer et recevoir des appels) : Dans cette génération, les utilisateurs sont 49% à maîtriser seulement quelques fonctions du téléphone mobile et 17% à n’en maîtriser aucune à part les appels. Les 40 ans et plus sont ambivalents sur le téléphone mobile. Ils lui associent, en premier, la praticité (88%), la sécurité (79%), l’incivilité (77%), la dépendance (76%) et la liberté (71%).

Les trois générations divergent sur l’utilisation du mobile dans les lieux publics. Les 40 ans et plus sont une majorité à penser que cette utilisation pose des problèmes, 53% pour les cafés et restaurants, 48% pour les trains, 45% pour les bus et métros. Les 12 à 24 ans sont une minorité à le penser : 22% pour les cafés et restaurants, 24% pour les trains, 18% pour les bus et métros. Elles s’accordent pour dire que l’utilisation du téléphone mobile pose des problèmes au volant (93% des Français) et pendant les cours en collège et lycée (84%).

Le seul sujet où la génération ne joue pas, est le comportement avec son téléphone mobile. Quelle que soit la génération, ce comportement nécessite une phase d’apprentissage de 3 à 4 ans. Au-delà de cette période, l’utilisateur acquiert une maturité qui lui permet une plus grande maîtrise de son mobile. Par exemple sur le fait d’être ou non joignable : en ne décrochant pas et en laissant son répondeur prendre un message (59% des utilisateurs depuis 3 ou 4 ans, contre 39% des utilisateurs depuis 1 an ou moins) ; en décrochant pour dire à son interlocuteur que l’on ne peut pas lui parler maintenant (50% des utilisateurs depuis 3 ou 4 ans, contre 24% des utilisateurs depuis 1 an ou moins).

Les Français font du mobile un bilan positif qui se situe à un niveau élevé Au plan collectif, 82% des Français de 15 ans et plus font un bilan positif pour la société française (16% un bilan négatif). Ils étaient 88% en 2005. Au plan individuel, 60% font un bilan positif pour leur vie en général (5% un bilan négatif) et 61% un bilan positif pour leurs relations amicales (4% un bilan négatif). Ils étaient respectivement 59% et 58% en 2005. Cette divergence entre l’individuel et le collectif peut s’expliquer de la façon suivante : les bilans individuels plus positifs et les nouvelles fonctions des téléphones mobiles entraînent une plus grande utilisation, qui elle-même entraîne des signaux faibles de crispation dans la société française et une légère dégradation du bilan collectif.

Le téléphone mobile est un objet singulier dans les relations entre parents et enfants ainsi que dans les relations entre grands-parents et petits-enfants Qu’ils soient parents, enfants, grands-parents ou petits-enfants, les Français estiment que le téléphone mobile ne crée pas la relation familiale, mais qu’il la facilite. Son bilan est positif pour tous les membres de la famille. Le téléphone mobile rend les enfants plus autonomes et plus responsables pour 54% des parents. Il permet aux petits-enfants et grands-parents d’avoir une relation directe sans passer par les parents (42% des grands-parents et 38% des petits-enfants).

L’apprentissage de l’objet se fait en famille pour 35% des Français et pour 54% des plus de 40 ans. Il donne lieu à une transmission inversée des enfants vers les parents (46% des plus de 40 ans) et des petits-enfants vers les grands-parents (15% des plus de 60 ans).

Le téléphone mobile est un objet de réassurance quelles que soient les relations familiales : de parents à enfants (79%), d’enfants à parents (70%), de grands-parents à petits-enfants (67%) et de petits-enfants à grands-parents (68%). A la lumière du Baromètre 2006 des Valeurs des Français de TNS Sofres, il apparaît que le téléphone mobile participe d’une dynamique de protection de soi et de ses proches dans un climat de pessimisme. En ce sens, il remplit la fonction d’un « doudou » commun à toute la famille.



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