Ces dix dernières années les entreprises et les opérateurs ont adopté massivement les standards l’Internet pour leurs réseaux informatiques de données, dont IP (Internet Protocol) le protocole de communication. En parallèle, le codage du signal « voix » permettant à cette dernière de devenir numérique (donnée), elle peut maintenant s’engouffrer sur les réseaux d’entreprises, d’opérateurs et sur Internet pour atteindre son destinataire.
Une question importante pour comprendre une infrastructure de téléphonie sous IP est finalement de savoir où la voix se transforme en données :
Notons qu’une option peut être de ne pas acheter de terminaux téléphonique IP mais de réutiliser l’autre outil du salarié, son PC et d’y installer un logiciel appelé « soft phone » qui permet de téléphoner avec un casque adapté relié au PC.
A la clef l’enjeu d’une telle migration sous IP de la téléphonie d’entreprise est la réduction des coûts : d’infrastructure, de maintenance et surtout de télécommunications.
En effet le coût de transport sous IP est très inférieur à celui des opérateurs de réseau voix et les entreprises qui ont décidé cette migration ne s’y trompent pas. Avec un IP Centrex par exemple, entre deux postes téléphoniques de l’entreprise, les communications sont gratuites mêmes si ils sont distants de 1000km.
Cependant, cette migration de la téléphonie IP sous d’une entreprise n’est pas une simple formalité. Les trois options évoquées ci-dessus peuvent être déployées de façon isolée ou combinée. Finalement, aucune solution n’est équivalente et il n’y a pas de solution universelle. La stratégie de l’entreprise et l’évaluation de ses besoins vont servir de critères d’appréciation pour choisir la solution la plus efficace pour atteindre la réduction des coûts escomptée.
Comme pour tout projet, il conviendra d’en analyser les volets fonctionnel, technique et financier.
Au plan fonctionnel :
Il s’agit de déterminer l’ensemble des services qui seront portés par le nouveau dispositif de convergence voix-données. Le téléphone peut en effet devenir un outil de communication multimédia, moins cher que l’outil informatique traditionnel (PC) et plus aisément déployable (exemple dans les entrepôts ou les usines). Le développement des réseaux locaux sans fil (Wifi) étend par ailleurs le champ de ces nouvelles applications à celui de la mobilité.
Au plan technique :
Le réseau de l’entreprise, local (LAN) ou étendu (WAN), plus sollicité dans cette approche, doit avoir la capacité de supporter le trafic additionnel (la voix et les nouvelles applications). Le volume et la répartition des flux (notamment les pointes de trafic) permettront de dimensionner l’infrastructure entre le terminal téléphonique et l’IPBX, ou vers le IP Centrex. Cependant, par construction, le protocole IP ne garantit pas un acheminement de tous les « paquets » dans l’ordre et dans des limites de temps. L’infrastructure globale - pas uniquement celle de l’entreprise - doit donc aussi viser à réduire le temps d’acheminement et la perte potentielle de paquets. Le choix d’un fournisseur de IP Centrex n’est donc pas neutre pour garantir une bonne qualité de service.
Un point d’attention complémentaire : attention aux flux non prévisibles comme l’utilisation d’Internet lors d’un match au tournoi de Rolland Garos. Avant, seuls les « surfeurs » étaient pénalisés par un Internet lent, maintenant ceux qui téléphonent ne seraient pas épargnés !
Au plan financier :
Les coûts d’infrastructures IP représentent généralement un investissement initial plus élevé que les solutions classiques. Les coûts d’exploitation (maintenance, télécommunications) sont en revanche moins chers de 25% à 50% selon les cas... sans tenir compte de l’optimisme des vendeurs de solutions !!!
Au-delà du court terme, il conviendra d’apprécier les incidences positives sur les investissements futurs qui auraient été nécessaires pour développer les nouvelles fonctionnalités (surtout si ces dernières représentent un réel avantage concurrentiel !).
En fonction de la capacité d’investissement de l’entreprise, le bilan financier peut faire ressortir que, dans certains cas, une solution progressive peut représenter le « bon » compromis (par exemple : pour certains sites, passage à un PABX IP pendant 2 ans puis bascule vers un IPBX ou un IP Centrex).
En conclusion, il convient de rappeler que ce type de projets est susceptible d’avoir une influence sur les habitudes de travail de chaque collaborateur, ce qui peut induire des résistances et du dévoiement qu’il convient de prévenir par des méthodologies appropriées d’accompagnement des changements. Sans oublier le développement des compétences des services informatiques qui deviennent encore plus sensibles pour maintenir le réseau à un niveau de fonctionnement optimal.
Au global, l’objectif de réduction des coûts peut être poursuivi par différents moyens. La convergence voix-données en fait partie. Mais la réelle optimisation globale reste à prouver dans le développement de nouveaux services à valeur ajoutée pour les clients de l’entreprise.
Les dernières informations dans la rubrique
Les dernières informations