La raison la plus naturelle serait de dire qu’en 7 ans, j’ai mené des chantiers, à la force du poignet, dont celui de la signature de la Convention Collective dont l’application a été étendue à l’ensemble des outsourcers par l’arrêté d’extension du 23 février 2000, publié au JO le 12 avril 2002 et qu’il était temps aujourd’hui de « passer la main » pour me consacrer à 100% à mon entreprise, ce que je pensais pouvoir faire sereinement.
Ce ne fut pas le cas, puisque des pressions de tout ordre m’ont été faites, dès le début de la mise en place des actions gouvernementales engagées par les Ministères de l’Industrie et de la Cohésion Sociale en octobre dernier.
Si au départ, il s’agissait pour les professionnels de s’opposer au projet Sarkozy tel qu’il était présenté, contre la délocalisation de nos centres d’appels, si le constat d’un intérêt pour notre profession, après 20 années de silence ne pouvait qu’apparaître positif eu égard au 200 000 salariés qu’elle représente aujourd’hui, si mettre autour d’une table un grand nombre de professionnels et d’associations était également une initiative importante pour une profession qu’on accuse encore aujourd’hui de « promener » un déficit d’Image, je ne pouvais accepter en tant que Présidente du Syndicat Professionnel historique depuis 7 ans, déjà adhérente de ce même syndicat en 1979, que l’on nous demande de travailler sur un label de « mieux disant social » ce qui implique une reconnaissance officielle de « moins disant social » dans les centres d’appels.
Je rappelle que j’ai participé à la négociation de l’ensemble des avenants et accords de branche autour de la table des négociations avec les partenaires sociaux et que les avancées sociales existent déjà depuis fort longtemps et qu’avoir donné à notre profession un cadre juridique et social a permis de continuer à faire reconnaître ce métier (cf. CCN du Personnel des Prestataires de Services dans le Domaine du Secteur Tertiaire, n° 3301 spécifique aux outsourcers).
Quant à l’accord-cadre formation, je ne l’ai pas signé au nom du SMT le 14 décembre dernier, car j’ai estimé avec un certain nombre de confrères que nous étions hors sujet par rapport à la problématique des délocalisations, que la formation existe déjà depuis des années dans nos centres d’appels et que des points précis étaient en cours de négociation en commission mixte paritaire et notamment sur la formation professionnelle.
Par ailleurs, les ministères concernés ont imposé un délai de dialogue très court, bien trop court pour que l’ensemble d’une profession puisse être parti-prenante. Il a d’ailleurs été annoncé qu’il existait 350 conventions collectives dans notre profession, sans que vienne s’y opposer un quelconque démenti, voire une explication qui scinde les outsourcers et les insourcers dans le choix et l’application d’une convention.
Cette divergence d’opinion ainsi que les dissensions à ce sujet dans le bureau exécutif du SMT, sans compter des demandes d’adhésion de grands outsourcers à 10 jours des élections, demandes accompagnées d’un acte de candidature à un poste d’administrateur (demandes auxquelles la moitié des membres du conseil d’administration a refusé l’entrée en force, sans commission de contrôle et notamment sur des points comme l’application de la convention collective au sein de ces entreprises), m’ont amenés à conforter ma décision de ne plus diriger un syndicat qui à mon sens aujourd’hui ne va pas vers une force collective et encore moins vers une démocratie qui défendrait les « gros outsourcers » et les « plus petits », soit l’ensemble d’une profession, mais qui démontre un état d’esprit opportuniste et sans grand intérêt pour faire avancer notre profession.
Réjouissons-nous que les pouvoirs publics s’intéressent enfin à nous, arrêtons de dire que les « gros » vont bien et que les « petits » vont mal, ne contournons pas une vraie problématique de délocalisation par la mise en place d’un label social ou d’un accord formation, dans une profession où le dialogue social et le cadre juridique existent enfin aujourd’hui.
Arrêtons de parler de crise dans un secteur d’activité qui n’arrête pas de progresser et qui a autant besoin d’entreprises à taille humaine que de plus grosses structures.
Pensons donc plus à nos clients qui ont le droit de choisir parmi les outsourcers existant sur le marché ceux qui correspondent le mieux à leurs souhaits, leur culture d’entreprise et à leurs budgets, laissons les juger de la qualité des prestations que nous leur offrons et ne leur imposons rien d’autre que la qualité à laquelle ils ont droit.
Un nouveau Bureau a été nommé le 17 décembre dernier, Bureau auquel je souhaite bonne chance. Je m’étonne toutefois qu’on puisse nommer une salariée à la tête d’un syndicat patronal.
Denise Bengioar, Président Directeur Général d’Addibell
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