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lundi 7 mai 2007
3 questions à... Olivier Carbonneaux, Senior Sales Engineer Trapeze Networks France

Phonethik : Comment évolue votre marché, et le positionnement de Trapèze en France ?

Olivier Carbonneaux : Notre cible est l’entreprise, et à ce titre, les efforts de normalisation sur la sécurité et la qualité de service, finalement entérinés sous les acronymes 802.11e et 802.11i, WMM et WPA2, sont venus à point pour lancer effectivement ce marché. La maturité des meilleures solutions est désormais avérée, les équipes réseau sont désormais sous une pression des utilisateurs qu’ils ont les moyens de gérer, grâce notamment aux solutions centralisées utilisant des commutateurs WiFi centraux, véritables cerveaux des réseaux WiFi.
L’application typique initiale est bien souvent la couverture des salles de réunion, mais les DSI savent qu’au-delà de ceci, c’est un véritable deuxième « backbone », une colonne vertébrale, qu’il s’agit de construire. En effet, après les salles de réunion, les utilisateurs demanderont le confort de l’utilisation sans fil dans tous les locaux, puis quand tout sera couvert, pourquoi ne pas passer à la ToIP sans fil, et ainsi de suite. Les applications vont monter en nombre et en besoins, le « backbone radio » devra répondre aux mêmes sollicitations que le réseau local filaire, qu’on a vu passer du coaxial au 10BaseT, puis au 100BaseT, puis au Giga.
La géolocalisation sur WiFi est un excellent exemple d’application connexe. Trapeze est une société qui avance vite : depuis mon entrée dans la société fin 2005 au sein de la structure Europe du Sud, nous avons doublé les effectifs pour cette même région. Pour la France nous avons enrichi notre réseau de partenaires à même de nous relayer au niveau national. Ceci nous amène tout naturellement à une croissance forte à 3 chiffres sur 2007, déjà constatée sur le premier trimestre.

L’arrivée de Meru (et ses avancées sur 802.11) en complément de Cisco ne bouleverse telle pas les équilibres en place ?

Cisco est définitivement en haut de la liste des compétiteurs, en tant que leader. Il est vrai que Meru vient de finalement réussir à certifier, partiellement (label WPA2 et non WMM), son point d’accès en intéropérabilité en fin 2006. Nous n’estimons pas pour autant que cela en fait un concurrent valide pour l’entreprise, les performances exceptionnelles relevées dans les media avec ce système étant basées sur des violations, désormais avérées et publiques, du standard 802.11. Ceux qui s’intéressaient au monde des réseaux 2.4Ghz il y a quelques années se souviennent d’une technologie réseau baptisé « RangeLan2 » à 1,6Mb/s qui a tenté de se battre contre le 802.11 : on sait ce qui est advenu de Proxim, qui a désormais quitté ce marché.
Les innovations technologiques sont clés pour différencier les technologies au dessus des standards, et non à la place des standards. C’est l’IEEE qui fait avancer les standards.
Depuis que je m’intéresse de près aux réseaux locaux radio pour entreprises, c’est-à-dire plus de dix ans, il n’y a jamais eu d’équilibre en place. Les rachats, les disparitions, les consolidations se succèdent les uns après les autres, tant au niveau des fondeurs de silicium que des entreprises. Les technologies se bouculent, ZigBee, Bluetooth, WiFi, WiMax, etc.. et le DSI a besoin d’abord et avant tout de conseils. Cela lui évitera par exemple de déployer aujourd’hui des châssis centralisateurs de capacité donnée alors que la norme 802.11n, qui multiplie les débits par 12 à 20, va arriver en 2007 et remettre en question ses investissements. Ou de déployer des points d’accès trop légers pour supporter le traitement du chiffrement/déchiffrement des trames radio sécurisées, et ainsi se priver des évolutions vers les réseaux maillés.

Quelles relations entretenez vous avec les équipementiers Aastra Matra, Alcatel, Motorola... ?

Contrastées ! Aastra Matra nous a retenu comme partenaire technologique WiFi, et recommande nos produits pour l’établissement de réseaux WiFi dédiés, ou non, à la voix. Nous n’avons aucun échange avec Alcatel. Leur visibilité étant très faible au Etats-Unis avant la fusion avec Lucent, ils n’ont pas été considérés à l’échelle mondiale comme un partenaire potentiel. Nous préférons travailler de près avec les constructeurs de téléphones bi-modes (WLAN et GSM) de renommée mondiale, car ce sont eux qui vont générer la demande et le besoin universel de réseaux WiFi. Motorola est d’ailleurs financeur de Trapeze, par exemple. Ou bien alors avec des partenaires solutions comme DiVitas, qui proposent des solutions de roaming WiFi/GSM sur les PABX existants.
Il est clair que les développements de la Voix sur IP et du WiFi ont lieu sur les mêmes segments de marché. J’ai l’habitude de dire que ce sont « deux marchés qui se font la courte échelle mutuelle ». Nous sommes 100% prêts pour ceci, supportant tout ce qu’il faut supporter en termes de standards et avancées sur les standards. Par exemple, le partage de charge, la répartition des clients, entre bornes est aujourd’hui en cours de normalisation. Et bien nous avons implémenté une solution pour qu’un auditorium équipé de 3 bornes voit les utilisateurs être répartis sur les 3 bornes, d’une part. Et nous rendrons ce mécanisme conforme au standard quand il existera, d’autre part. Les relations avec ces équipementiers sont la clé de nos succès 2007.


A propos de Trapeze Networks
Trapeze Networks propose Smart Mobile™ — une approche révolutionnaire des réseaux sans fil, permettant aux entreprises de déployer leurs applications mobiles en optimisant leur infrastructure existante. Smart Mobile relève ce défi en introduisant la commutation intelligente, la première et unique architecture WiFi qui gère le trafic du réseau en fonction de l’application. Avec la commutation intelligente Smart Mobile, les entreprises peuvent supporter les applications de nouvelles générations les plus demandées, telles que les communications voix sur WiFi pour des milliers d’utilisateurs, la mobilité intérieure/extérieure transparente, et les réseaux à gros débits basés sur le 802.11n — tout ceci sans avoir recours à de coûteuses mises à jour. Trapeze Networks est une entreprise fortement capitalisée, avec des investissements stratégiques des leaders du secteur des réseaux comme Juniper Networks, Motorola, et Nortel Networks. Créé en Mars 2002, Trapeze est basé à Pleasanton en Californie, avec des bureaux en Europe, Japon, et Asie-Pacifique.

Bio Express Olivier Carbonneaux est Senior Sales Engineer pour Trapeze Networks depuis Mai 2006. Après un début de parcours en 1984 dans la conception en électronique de pointe chez Dassault, il évolue vers des positions a responsabilité d’abord chez Knogo en 1989, alors numéro deux mondial de la protection contre le vol à l’étalage, où il est responsable de l’activité technique avant vente et après vente pour la France, puis chez Symbol, numéro un mondial des lecteurs de code barre, qu’il rejoint en 1995. D’abord responsable opérationnel du service clients, il devient consultant pour les infrastructures radio, puis business développement manager pour l’activité Infrastructures. Il quitte Symbol en 2005 pour rejoindre Trapeze Networks et reprendre cette activité jusqu’à mai 2006.


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5 Messages de forum

  • Notre entreprise utilise les produits de Meru et je me suis occupé du déployement. Pouvez vous nous en dire plus sur "des violations, désormais avérées" car à ma connaissance aucune violation n’est avéré et la Wifi Alliance consulté à plusieurs reprises à confirmé la conformité des produits aux standards en vigueur.

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    • Bonsoir,

      la norme 802.11 et la WiFi Alliance sont deux choses différentes. On peut être certifié par la dernière sans obligatoirement respecter la première. Je me référais à la norme.
      La WiFi Alliance teste l’interopérabilité, ne vérifie pas les standards.
      Meru, comme tous les adeptes du canal unique tels Extricom, coordonne les émissions radio de manière stricte. Un tel principe directif ne supporte que très mal la cohabitation avec d’autres réseaux WiFi, ce qui est le cas de 80% des déploiements. Je suis à votre disposition pour vous expliquer pourquoi dans le détail. En résumé, ces principes violent l’esprit de la norme qui est de gérer en "bon père de famille" une ressource partagée, en en prenant le contrôle exclusif, comme si rien n’existait avant, et rien n’existerait après.

      La réalité des déploiements que nos partenaires effectuent montre au contraire clairement que les radars de détection d’intrusion, les transmetteurs vidéo, les Bluetooth longue portée (100 mW qui hachent en sauts de fréquence la globalité de la bande), ne peuvent être ignorés et, in fine, empêchent l’idée géniale du canal unique de devenir la solution ultime.

      Il est bon de souligner que cette idée a été développée principalement par des chercheurs israeliens, pays dans lequel un seul canal dans la bande 2.4Ghz est autorisé. Donc forcément, ils cherchent...

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