
PhonethiK : La révolution IPCentrex ne semble pas avoir eu lieu sur le marché français, quelle est votre analyse ?
Laurent Silvestri : Pour rappel, l’IPCentrex est une solution d’externalisation totale du standard téléphonique d’une entreprise au travers du réseau IP. L’IPBX client est hébergé sur un serveur mutualisé distant.
Il est évident que les solutions IPCentrex n’ont pas connu le succès attendu et notamment le succès des Box Grands Publics. Les raisons sont principalement techniques.
Tout d’abord, il est important de comprendre que la qualité d’une solution IPCentrex dépend à la fois de la qualité de l’opérateur de VoIP, la qualité de la solution logiciel IPCentrex, la qualité du réseau informatique du client et la qualité de l’accès Internet du client. Ces quatre paramètres sont très difficiles à maîtriser et à monitorer et actuellement peu d’acteur semble pouvoir le faire correctement.
Les deux principaux problèmes sont les suivants. Le premier problème est lié à la stabilité et la qualité des accès Internet des utilisateurs et au manque de débit pour adresser une large clientèle. Les débits symétriques sont rarement supérieurs à 2M et limite la solution à une vingtaine d’utilisateurs IPCentrex par site. Au delà, les opérateurs compressent les données ce qui contribue encore plus à l’instabilité de la solution. Les réseaux fibrés devraient dans les années à venir améliorer les choses.
Le deuxième problème est lié à la qualité du réseau informatique des entreprises qui est souvent sous dimensionné et construit de manière anarchique. L’IPCentrex consomme beaucoup plus de ressources sur un réseau informatique que les données traditionnellement échangées et surtout, l’IPCentrex demande une stabilité optimale et continue du réseau.
Aujourd’hui ces deux principales contraintes sont très rarement au rendez vous. Le résultat est que les opérateurs rencontrent des problèmes qu’ils n’avaient pas anticipés et surtout que les entreprises n’obtiennent pas la qualité de service et les fonctionnalités désirées. Elles semblent aujourd’hui attendre pour passer sur des solutions IPCentrex.
Les solutions de Téléphonie sur IP, tels que les IPBX, offrent une qualité de service optimale ainsi que des fonctionnalités innovantes notamment l’accès économique à des services évolués et parfois le couplage téléphonie informatique avec des solutions CRM ou ERP. Les offres de Voix sur IP (dégroupage de PABX et terminaison du minutes IP), de leur coté, fonctionnent relativement correctement. Les offres de Voix sur IP ont surtout l’avantage d’autoriser la mise en place de solution de secours.
Par contre, il est encore tôt pour les solutions hébergées et managées d’IPCentrex pour des entreprises de plus d’une dizaine d’utilisateurs.
Votre solution OpenPBX est une offre basée sur le logiciel OpenSource Asterisk, quel est le profil type d’un utilisateur Asterisk ?
OpenPBX est un IPBX développé sur la base du projet OpenSource Asterisk. Nous avons développé une plateforme de médiation des services développés par la communauté Asterisk pour construire un IPBX simple de paramétrage et d’utilisation. L’ensemble de la solution se paramètre au travers d’un navigateur Internet et nous apportons à nos clients et intégrateurs, la maintenance et le support technique nécessaire à une entreprise
L’utilisateur Asterisk est avant tout un défenseur de l’OpenSource et fervent utilisateur des OS Linux. Asterisk est réservé à une communauté d’utilisateur restreint, principalement des sociétés à forte compétence Linux.
OpenPBX s’adresse aux entreprises de 10 à 300 utilisateurs souhaitant mettre une place une solution de Téléphonie sur IP sécurisée, stable et qualitative. L’utilisateur type veut entrer dans un monde de remontée de fiches, de click2call, et de messagerie unifiée. Notre objectif est d’amener toutes ces solutions d’une manière simple et économique à nos clients, par opposition à toutes les solutions propriétaires des grands fabricants de PABX.
Que répondez à vous à ces hordes de nouveaux utilisateurs friands de mobilité : des solutions DECT IP, WiFi aux solutions bi-mode GSM-WiFi ?
Je pense que tous ces nouveaux utilisateurs ont raison et que l’avenir est dans la mobilité et les solutions bi-mode. Cependant, encore une fois, je pense que ces solutions ne sont pas encore prêtes pour les entreprises. Les offres Grands Publics sont tout à fait réalistes et les utilisateurs Grands Publics sont prêts à accepter un service parfois dégradé.
Pour les entreprises, les réseaux sans fil sont souvent construits au moins cher et pour le transit des données. Dans le cadre de la Téléphonie sur WiFi, les entreprises doivent penser à mettre en place une couverture importante et stable et à gérer le handover entre les bornes. Le coût d’un déploiement WiFi supportant la Téléphonie sur WiFi de manière qualitative est 3 à 4 fois supérieur au coût des installations que nous trouvons aujourd’hui dans les entreprises.
Les solutions DECT IP fonctionnent parfaitement bien mais propose une couverture assez limitée d’environ 40 mètres. Les solutions bi-mode GSM-WiFi sont attractive mais reste encore pour le moment des gadgets Grands Publics à la fois cher et difficile d’utilisation et de paramétrage.
Bio Express
Laurent Silvestri Gérant Fondateur d’OPENIP, 36 ANS
Diplômé MBA en Finance et Marketing stratégique de l’Université de Temple à Philadelphie, Laurent Silvestri rentre en France en 1995. Durant les dix dernières années il co-fonde la société DIRECTLINE (vendu à WESTERN TELECOM), TELECOM PARTNERS (vendu à VIVACTION), ALL TELECOM (vendu à ses salariés) ou il dirige respectivement les départements Directeur d’Exploitation, Directeur Marketing et Commercial et Directeur Financier, Marketing et Communication.
En 2005, il décide de voler de ses propres ailes et créé, sans associé majeur, la société OPENCENTREX qui deviendra en 2007, OPENIP.
Fiche société
Créée en juin 2005, OPENIP est avant tout un fournisseur d’accès Internet et un opérateur de Voix sur IP pour les entreprises. Parallèlement, depuis le début de son activité, OpenIP développe des applications des Téléphonie sur IP pour les entreprises et se défini comme éditeur, hébergeur et opérateur d’applicatifs de Téléphonie sur IP pour les entreprises. Georges-Edouard Bacle Kamel Belhachemi Hervé Petit Laurent Yoann Thomas Ségolène Chambrier
L’actionnariat d’OPENIP est totalement privé. Il se décompose de la manière suivante : Laurent Silvestri 67,8 %, Georges-Edouard Bacle 12,5%, Kamel Belhachemi 10,5% ; Hervé Petit Laurent 5,25% ; Yoann Thomas 2,6% ; Ségolène Chambrier 1, 3%.
Les partenaires d’OPENIP sont Cisco, Asterisk, Distriwan, et Sequence Informatique.
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