logo1


mardi 5 décembre 2006
3 questions à... Bernard Jamin Pdg de Cortel

Etes vous de ceux qui prédisent le tout IP pour 2007 ?

Non. Certes la technologie « Tout IP » est en pleine expansion et est surtout très attractive, en raison des nombreuses fonctionnalités (visioconférence, messagerie unifiée, etc..) qu’elle offre et aussi par le fait qu’elle réduit grandement les coûts de communications téléphoniques. Cependant, de nombreux facteurs viennent entraver le lancement du « Tout IP », notamment les questions de sécurité, de qualité de communication, l’aspect économique et celui de la non stabilité des offres opérateurs.

En effet, de nos jours, la sécurité des échanges de données est primordiale au sein des entreprises. La vulnérabilité de la technologie « Tout IP » est d’actualité et soulève de nombreuses polémiques. En effet, il est courant de croiser, dans la presse, des articles à ce sujet. Très récemment, à la Défense, j’ai assisté à un salon dédié exclusivement sur la sécurité informatique. La sécurité de données était le centre de ce salon, mais bien évidemment, la sécurité sur la voie devra suivre le même chemin et le même raisonnement. Le niveau de sécurité en « Tout IP » est encore insuffisant par rapport aux besoins et aux attentes des utilisateurs.

De plus, nous avons toujours été habitués à un très haut niveau de qualité et de fiabilité de nos communications vocales. Le « Tout IP » n’atteint pas encore ce pallier. Une perte, de 10 % des paquets, est rapidement audible en téléphonie sur IP. Néanmoins, la qualité de la communication vocale sur IP s’est nettement améliorée, depuis son lancement en 1990. Et elle sera sûrement bientôt comparable à ce que nous offre « nos lignes téléphoniques classiques ».

Par ailleurs, contrairement à ce que l’on pense, le passage au « Tout IP » n’est pas toujours avantageux en terme de profit. Le passage au « Tout IP » pour un local neuf ne comportant aucun autocommutateur peut être bénéfique. Par contre, si le local est d’ores et déjà en possession d’un autocommutateur fonctionnel, le passage au « Tout IP » est à étudier avec circonspection. Dans ce dernier cas, une étude du matériel existant et de rentabilité financière est préférable. Enfin, nous voyons un intérêt plus important pour les sociétés multi-sites que pour les sociétés mono-sites.

En dernier lieu, les opérateurs ne proposent pas encore d’offres stables en « Tout IP ». Ceci engendre une perte de capacité et de qualité des services proposés par le « Tout IP ». La télécommunication est un secteur en perpétuelle évolution, les technologies progressent rapidement et le « Tout IP » n’a pas encore atteint d’état stable et fiable. Une fois que tous ses enjeux seront résolus la question du « Tout IP » sera à envisager.

Votre avis sur l’IP Centrex (technologie et acteurs) ? Et si finalement avec l’IP Centrex il n’y avait pas besoin d’une société de conseil ?

Par rapport à la technologie IP-PBX, celle de l’IP Centrex veut se présenter comme moins onéreuse, tout était centralisé chez l’opérateur. En contre partie, la question de la sécurité est d’autant plus présente et importante en IP Centrex. Le réseau de Télécommunication devient un élément passif dans la société puisque l’opérateur les gère. La société n’a plus de maîtrise sur son propre réseau. Des questions doivent être posées avant le passage à la Technologie IP Centrex : Peut-on confier son propre réseau local (données, annuaires, télécommunications, etc...) à un prestataire externe ? Le passage à la technologie IP Centrex est-elle aussi rentable pour exposer son réseau local à un tiers ?

Pour répondre à votre deuxième question, le secteur de la communication est en perpétuelle évolution, les offres et les technologies sont nombreuses, le métier d’un bureau d’étude est de guider et d’assister ses clients afin qu’ils profitent de la solution la plus adaptée à leurs attentes et à leurs besoins.

De nos jours, avec la facilité d’accès aux informations par le biais d’Internet, tout le monde peut se procurer la documentation nécessaire sur l’IP Centrex, et donc choisir avec sa propre opinion l’offre et l’opérateur adéquat. Cependant, un PDG a-t-il le temps de se consacrer à ce jeu ? A-t-il le temps de faire ces recherches, de rencontrer 5 opérateurs pour discuter de son projet et de déterminer celui qui lui conviendra ? Et surtout comment peut-il être sûr de son choix ? En tant que société de conseil, nous assistons nos clients dans le choix de l’entrepreneur en fonction de leurs besoins, pour ce faire, nous suivons des phases précises et élaborées afin de garantir le succès de ce choix, mais nous faisons surtout appel à notre expérience et à notre savoir-faire. Il me semble me rappeler que récemment une société commercialisant ce concept a disparu, je suis persuadé qu’en cherchant bien, on trouverait des clients qui ont souscrit un contrat deux mois avant sa disparition...

Qui ne connaît pas l’expression : « Nul n’est censé ignorer la loi » ? Les codes civils sont accessibles dans toutes les librairies avec quelques euros et même gratuitement sur Internet. Pourtant, nous avons tous le réflexe de faire appel à un avocat pour traiter un dossier important sur lequel nous ne sommes pas compétents.

Est-il encore possible pour une société de conseil à « Taille humaine » d’emporter des appels d’offres grands comptes privés et publics ?

Nous reprendrons l’exemple des avocats : le métier de conseil est principalement basé sur la confiance qui naît entre deux individus. Au de là, la taille peut jouer pour des entreprises de très grands comptes, mais dans ce cas le rôle attendu du bureau d’études n’est pas le même, car toutes ces sociétés possèdent des services télécoms et/ou informatiques. Notre rôle d’auditeur prendra toute son importance en apportant un œil nouveau, de contrôle et de suggestions. Là encore, notre but n’est pas de réaliser des prestations d’ « outsourcing » comme cela est fait par des opérateurs.

L’expérience sur nos références démontre que notre vision peut rester optimiste pour des sociétés privées. Par contre, nous sommes parfaitement conscients que l’administration refuse de rencontrer les entrepreneurs sur des prétextes fallacieux, de risques de dérapages dans l’attribution des marchés. Cela nous laisse peu d’espoir de traiter avec elles et nous ne répondons plus à ce type d’appel d’offres.


Fiche Société :
CORTEL a été créé il y a plus de 25 ans pour réaliser des prestations d’ingénieries techniques et organisationnelles (tel que le sous-entend son nom : CONSEIL EN ORGANISATION ET EN TELECOMMUNICATIONS)

L’objectif de CORTEL est de comprendre la problématique du Client et ensuite de trouver des solutions tant dans le domaine technique, mais de trouver des prestataires associés qui seraient susceptibles d’accompagner le Client dans une pérennité d’action de maintenance et de modernisation des produits.
Aujourd’hui, le Groupe est réuni sous fourme d’une holding, le Groupe BGME

Bio Express
Bernard JAMIN, 61 ans, Ingénieur EFREI (promotion 1969), fonde en 1981 la société CORTEL dont il assume la Présidence et dans la même année, participe à la création de la société TELECOM ASSISTANCE - TEA - Le département technique est géré par CORTEL et est spécialisé dans les problèmes de télécommunications et courants faibles. La société TEA assure le service d’accueil standard proposé aux entreprises. Bernard JAMIN a créé et géré la société SANTE PHONE pendant plus de 10 ans ; objectif : gérer les téléphones des patients dans les hôpitaux.
CORTEL et TEA se sont regroupées dans une holding : BGME FINANCES. CORTEL a été le 1er Bureau d’Etude reconnu par ATT en France. Depuis 1987, Bernard JAMIN est Expert en télécommunications près la Cour d’Appel de Paris.
Aujourd’hui Bernard JAMIN est consultant en télécommunications pour BGME FINANCES.


Partager